Coûts économiques et écologiques des outils numériques à l’école primaire

L’introduction du numérique à l’école primaire pose la préoccupante question de l’allocation des ressources matérielles. Les outils numériques présentent un coût élevé d’investissement, de maintien et de renouvellement, rendu encore plus problématique avec le rythme d’obsolescence élevé. Avec une empreinte écologique forte, la numérisation de l’école pose également la question du coût environnemental, en apparente contradiction avec l’éducation au développement durable dispensée dans les écoles primaires.  

Coûts financiers

Les outils numériques ont un coût élevé d’investissement initial, de maintien et de renouvellement, environ tous les quatre ans pour les tablettes: achat du matériel, des logiciels, connexions internet, etc. Si la tendance actuelle se prolonge, avec la démultiplication des capacités de stockage et de traitement de l’information, les progrès de l’IA, etc., les tablettes seront vite démodées, si ce n’est pas déjà le cas. Le rythme d’obsolescence rend d’ailleurs la course à l’équipement très difficile, voire impossible. 

S’y ajoute le coût de formation, le temps passé par les enseignant-e-s et le suivi du personnel technique informatique pour régler les bugs et autres dysfonctionnements fréquents. 

Les ressources en temps sont limitées, la formation des enseignant-e-s et le développement de séquences par le numérique se feront au détriment d’autres tâches et compétences: connaissances en lien avec les matières dispensées, pédagogie employée, compétences relationnelles, etc. Les enseignant-e-s ne peuvent pas tout faire. Est-il essentiel que l’enseignant-e soit un professionnel ou une pofessionnelle de l’usage du numérique? 

Exiger cela alors que la plus-value pédagogique d’enseigner par le numérique n’est pas démontrée (lien sur la page plus-value pédagogique) semble ainsi inadéquat. 

Par ailleurs, le temps perdu occasionné par des problèmes techniques n’est pas à négliger.

Ecole, numérique et développement durable

Equiper les élèves de l’école primaire avec des objets qui deviendront rapidement des déchets électroniques ingérables et dont l’empreinte écologique est importante est-il compatible avec les valeurs du développement durable, promues par le DIP de l’Etat de Genève et dont les questions sont abordées dans les programmes scolaires? 

Le coût de la numérisation de l’école n’est pas qu’économique, il est également écologique. 

https://www.youtube.com/watch?v=E7eufCNmfgA&

En amont, les métaux nécessaires, comme les métaux rares, pour leur fabrication proviennent de mines très polluantes, comme l’explique Guillaume Pitron dans son ouvrage La guerre des métaux rares, et dans cette vidéo réalisée par Brut: 

https://www.youtube.com/watch?v=487mer5stLM&

L’utilisation d’internet et le stockage de données par les data centers nécessitent une consommation importante d’énergie comme expliqué par Coline Tison, dans le film Internet, la pollution cachée, dont un extrait est disponible ci-dessous: 

https://www.youtube.com/watch?v=-mah0d_ftlg& (faire un embed vidéo si possible)

En aval, que deviennent les déchets? Le recyclage des outils numériques est très complexe, car les alliages de métaux sont difficilement séparables. Leur durée de vie est en outre faible et participe à l’accroissement de la masse de déchets d’équipements électroniques particulièrement polluants. 

Ainsi, le rapport entre coût écologique et besoin est à évaluer et à mettre en perspective avec les manuels en papier, dont l’empreinte écologique est plus faible à tous les niveaux: production, durée de vie et recyclage. Il serait également important de réfléchir aux injonctions contradictoires auxquelles devront répondre les enseignant-e-s du primaire, devant à la fois enseigner le numérique et promouvoir le développement durable.

Références

Pourquoi un moratoire sur la formation PAR le numérique en école primaire? 

Si la Suisse romande était jusqu’à présent restée modérée dans l’investissement dans les technologies à visées éducatives en primaire, le DIP a annoncé en 2018 un plan d’actions pour le développement de l’enseignement de l’information, ainsi que d’une “véritable culture du numérique”: 

Le groupement RUNE – Réfléchissons à l’Usage du Numérique et des Ecrans, estime que l’intrusion du numérique dans les écoles primaire ne peut se faire sans véritable recul, débat ni réflexion, en prenant en considération plusieurs éléments problématiques: 

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